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Loi anti-cassurs, le retour !

Le vendredi 14 avril 2006


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Tract Raoult 11 avril 2006
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Le 29 mars 2006, Eric RAOULT, député de la Seine Saint Denis, célèbre pour sa vision intolérante de la jeunesse, dépose une proposition de loi « visant à encadrer la dispersion et les débordements lors des manifestations et attroupements »

Dans l’exposé des motifs, il dénonce une violence soit disant habituelle et fait référence à la loi anti- casseur du 8 juin 1970, abrogée en 1981. Regrettant cette fatale abrogation, il prône l’urgence de l’organisation de sanctions et propose un texte dont voici les principales idées : Les auteurs, instigateurs de violences ou voies de fait pendant des rassemblements seront punis de un à deux ans de prison. Les instigateurs et organisateurs de rassemblement n’ayant pas donné l’ordre de dislocation lors de violences ou voies de fait sont passibles de six mois à un an de prison. Les participants dans les mêmes conditions pourront eux subir de trois à six mois de prison. Le rédacteur en rajoute à l’intention de celles et ceux qui participent à des occupations de locaux. Ils seront punis d’une peine de six mois à un an. N’oublions pas les déclarations antérieures du député RAOULT, elles n’ont jamais brillé par leur ouverture, il s’est particulièrement illustré pendant la crise des banlieues. Le premier à réclamer l’état d’urgence, il n’avait pas hésité à décréter un couvre feu dans la commune dont il est le maire. Dans les médias, il intervient, toujours dans le sens de la répression et du sécuritaire

LA PLUME DE SON MAITRE

Dans son plan de prévention de la délinquance présenté au gouvernement en décembre 2005, le ministre de l’intérieur avait fait un ajout dans le chapitre 3 (la composante judiciaire de la prévention de la délinquance). Cette fin de texte est intitulée : la réponse pénale aux violences urbaines. Un texte où la charge de la preuve disparaît au profit d’une responsabilité pénale collective., c’est à dire qu’il suffit de se trouver sur les lieux d’une manifestation, d’une action pour être interpellé et déféré au parquet. La proposition de RAOULT met en musique la pensée du ministre.

UN TEXTE QUI ORGANISE LES PRATIQUES REPRESSIVES !

Face aux choix de politique libérale du gouvernement, les luttes s’organisent de multiples façons dans de nombreux secteurs. La seule réponse reste la répression sous des formes diverses et variées.
-  charges violentes et passage à tabac ont marqué les dernières manifestations, un syndicaliste très gravement blessé en gardera des séquelles toute sa vie.
-  Gardes à vue sauvages des lycéens suivies de comparution immédiates.
-  Répression de la crise des banlieues qui fut illustrée par une justice d’abattage au mépris des droits de la défense et de la preuve.
-  Pénalisation par des amendes considérables des faucheurs d’OGM.
-  Violence policière et répression syndicale à l’encontre des postiers de Bègles à la suite d’une occupation de locaux ;
-  il faudra faire le bilan de la lutte anti CPE pour mesurer combien a été utilisée l’arme de la garde à vue, ses conditions et les suites judiciaires « d’exception » RAOULT espère qu’en verrouillant encore plus, la colère sociale s’installera dans la crainte, la retenue et l’introspection. Il ajoute simplement sa pierre au dispositif de contrôle social.

LA PROPOSITION RAOULT NE DOIT PAS PASSER



Cette proposition est une arme contre la liberté de manifester. Elle prépare la criminalisation de tout mouvement social. Dénoncer et combattre ce projet, c’est lutter pour la liberté d’expression. Cette liberté qui est la seule garantie de la démocratie.




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