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Retraites : le prétexte de la démographie Le jeudi 2 janvier 2003 |
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Les évolutions démographiques sont sans cesse mises en avant pour justifier la mise en œuvre de mesures régressives concernant les retraites. Ressassé, largument semble convainquant. En fait il nen est rien. Il ny a aucun déterminisme démographique. Les études sur les retraites présentent une vision catast rophique de lavenir en prenant lannée 2040 comme réf é rence. En poussant sur 40 ans les tendances démographiques actuelles, on aboutit à une dramatisation maximale. Cest leffet recherché. Horizon 2040 ?Or, si les études démographiques peuvent être fiables sur 20 ans, pousser les tendances sur près de 40 ans nest pas sérieux. Mais le paradoxe est que, même en poussant les tendances démographiques à lextrême, il est très difficile de démontrer lexistence dun choc démographique. Il est indéniable que le nombre de personnes âgées va fort ementaugmenter. Conséquence mécanique : il y aurait de moins en moins dactifs pour financerles retraites. La charg e que feraient peser les personnes âgées sur les actifs doublerait quasiment entre 1995 et 2040. Argument tronquéCependant, limiter lanalyse démographique au seul vieillissement de la population revient en fait à tronquer la réalité. En effet, les actifs doivent prélever une partie de leurs ressources au profit des personnes âgées mais aussi des jeunes. Ce qui importe, du point de vue démographique, cest donc le rapport entre le nombre de personnes en âge de travailler et le nombre de celles qui sont soit trop vieilles, soit tro p jeunes pour le faire. Or, ce rapport va peu varier au cours des prochaines décennies. En dautres termes, pour les actifs, la charge liée à laugmentation de la proportion des personnes âgées sera compensée en partie par la baisse de la part relative des jeunes dans la population totale. La charge des inactifs (jeunes et personnes âgées) serait multipliée par 1,25 à lhorizon 2040. On est donc très loin du doublement envisagé plus haut. Mais ce chiff re na dintérêt que si on le met en relation avec laccroissement de la richesse produite (le PIB) pendant cette même période. Partage de la richesseOr, même les hypothèses les plus pessimistes en la matière prévoient que celle-ci augmenterait dans des pro p o rtions beaucoup plus importantes (elle devrait au minimum doubler), que la charge des inactifs. Il ny a donc pas de problème insurmontable. Si nous avons comme objectif de maintenir le niveau actuel des retraites par rapport aux salaires, la part des retraites dans le PIB augmenterait dun peu plus de 6 points. Cette augmentation de 6 points est assumable : le poids des pensions sest accru de plus de 7 points entre 1950 et 1995 sans que cela provoque les cataclysmes que certains se plaisaient déjà à prédire à lépoque. Les cotisations patronalesPour couvrir cette évolution, une augmentation de 15 points du taux de cotisation sur 40 ans, soit 0,37 point par an, suffirait. Un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée, la richesse produite par les entreprises, doit être opérée. On le voit, la démographie est mise en avant par certains pour éviter de sattaquer au partage des richesses !
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