- Tract de Sud Santé Socaiux Seine-Saint-Denis
Urgence sociale dans nos cités
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Les banlieues s’enfoncent dans la misère. L’explosion de violence qui a touché la plupart des communes de Seine-St-Denis et s’est étendue à l’Ile de France et en Province, n’est pas le fait du hasard ; elle était prévisible. Signe de l’échec des « politiques de la ville » et des plans d’urgence qui ne tiennent pas leurs promesses, les banlieues s’enfoncent dans la misère.
Dans le contexte de la mondialisation économique ultra libérale, les dégâts sociaux sont considérables :
Au fil des restructurations, délocalisations, un chômage de masse s’est installé. Les chiffres indiquant un chômage « en baisse », ne sont qu’illusion. Ils sont la conséquence des radiations… mais les chômeurs radiés existent bel et bien dans la réalité ! Et l’emploi, quand il existe, est de plus en plus précaire et sous payé. Le nombre de salarié(e)s pauvres est en augmentation.
Les services publics (poste, EDF, GDF, SNCF, hôpitaux, écoles, services sociaux) se privatisent ou, s’ils restent publics, sont soumis à la concurrence et à des restrictions budgétaires. Ainsi, ils ne remplissent plus leur rôle de réponse aux besoins de la population et particulièrement des populations les plus pauvres (dans la cité du Chêne Pointu à Clichy-sous-Bois, un Centre Médico Psychologique a
fermé ses portes l’an passé).
Les systèmes de solidarité, acquis de longue date (assurance-maladie, retraite, logements sociaux,
protection de l’enfance, etc…), tendent à s’amenuiser au fur et à mesure des réformes successives et des diminutions de moyens financiers, renvoyant chacun à sa responsabilité individuelle, c’est à dire à son propre sort. Cette politique encourage la montée du communautarisme, en contradiction avec le « vivre ensemble ».
La décentralisation n’a fait qu’accroître les inégalités. L’Etat s’est déchargé de ses obligations sociales et éducatives sur les Conseils Généraux et Régionaux, sans que les moyens budgétaires
suivent. Les inégalités territoriales se creusent.
Dans les quartiers pauvres de plus en plus de personnes sont exclues, « ghéttoïsées », n’ont plus
accès à l’emploi, au logement, aux soins, à l’éducation, à la culture. Une grande partie des jeunes de
ces quartiers est laissée à l’abandon et n’a plus aucun avenir.
En Seine-St-Denis les problèmes sont particulièrement criants.
Dans ce département qui compte 1 400 000 habitants (13 % de la population nationale) :
plus de 250 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (18 % de la population et 28 % pour les moins de 20 ans) ;
plus de 120 000 personnes sont demandeurs d’emploi (17 % de la population active), 33,1 % sont chômeurs de longue durée. Dans certains quartiers le taux de chômage dépasse les 25 % et celui des jeunes peut atteindre 50 % ;
44 000 personnes perçoivent le R.M.I (6,1 % de la population) ;
12 % de la population est mal logée ou SDF. Il y a 55 000 demandeurs de logement dont 10 000 en urgence. 5 000 enfants sont sans adresse fixe.
Frustration et colère.
C’est sur ce terrain que se développent frustration et colère, renforcées par une politique sécuritaire de contrôle, de répression et d’enfermement, seule réponse concrète de ce gouvernement à la misère. Alors comment s’étonner lorsque, après la mort de deux adolescents, dans des circonstances que l’enquête devra élucider, des jeunes se révoltent de façon violente ?! Les propos insultants et provocateurs de Mr Sarkozy : « racaille », « voyou », « gangrène », dans la lignée de ceux employés à la Courneuve en juin dernier (« nettoyer la cité au karcher »), n’ont fait qu’attiser la colère en stigmatisant plus encore les habitants des quartiers défavorisés. Ils ne sont pas dignes d’un ministre de l’intérieur, qui porte une lourde responsabilité dans le déclenchement des événements. Mr Sarkozy a ouvert la « boîte de pandore ».
Les jeunes se sont identifiés à ceux de Clichy-sous-Bois qui se sont mis en danger et sont morts par peur d’un contrôle d’identité. Si le contentieux police-jeunesse existe, c’est que les pratiques à l’égard des jeunes sont irrespectueuses voire agressives (contrôles d’identité qui frisent le harcèlement).
Les habitants des quartiers vivent des moments très difficiles.
Dans ce mouvement de révolte incontrôlée, des jeunes dérapent vers des actes graves et intolérables comme, par exemple, l’incendie du bus à Sevran Beaudottes, avec l’agression d’une personne handicapée arrosée d’essence. Les incendies de véhicules et des lieux publics ou associatifs : écoles, crèches, gymnases, piscines, centres sociaux ou de quartier, hôpitaux dont l’établissement psychiatrique Ville-Evrard (des cocktails molotov ont été lancés sur plusieurs unités) vont accroître les difficultés pour les habitants des banlieues populaires et donc se retourner contre les jeunes euxmême.
Des pompiers sont pris pour cibles, les incendies d’entreprises et de commerces mettent au chômage des salariés… L’incompréhension s’installe.
Est-ce cela que recherche le gouvernement, qui vient de réactiver une Loi de 1955 permettant aux préfets de décréter le « couvre-feu » dans les « zones sensibles » ? Il ne gère pas la crise comme il serait souhaitable de le faire, à la fois au niveau de l’urgence et sur le plus long terme.
MOBILISATION !!
Le syndicat S.U.D Santé-Sociaux 93, membre de l’Union Syndicale Solidaires, réclame :
la mise en place de lieux pour recréer le dialogue entre les jeunes, les adultes habitants les quartiers
et les responsables locaux ;
la mise en place de réelles mesures répondant aux besoins, avec les moyens financiers
correspondants, dont :
. la prise en charge par l’Etat et non par les Conseils Généraux et Régionaux, des politiques
sociales, sanitaires et éducatives, afin de maintenir une égalité de traitement pour tous, quelque soit le
lieu d’habitation ;
. l’augmentation des crédits du Fonds d’intervention pour la ville et des subventions aux associations de quartiers ;
. le développement des logements sociaux et une loi empêchant toute expulsion, sans relogement immédiat et durable ;
. le développement des services publics de proximité, des services sanitaires et sociaux, des équipes de prévention spécialisée, de médiation familiale ;
. l’augmentation des personnels et des moyens pour l’Education Nationale, afin de lutter contre l’échec scolaire ;
. la mise en place d’une politique de l’emploi respectueuse des droits des salariés (abolition des Contrats nouvelle embauche et limitation des C.D.D aux seuls remplacements de personnels temporairement absents) ;
. la lutte contre les discriminations à l’embauche, en particulier dans les « zones franches » où les entreprises, tout en empochant les cadeaux de l’Etat (suppression d’impôts et de charges sociales), n’emploient pas les jeunes des quartiers, et suppression du fichage qui empêche toute réinsertion des jeunes.
P.-S.
Le syndicat S.U.D Santé-Sociaux 93 appelle à participer à une grande soirée du respect, de l’égalité des droits et des solidarités, à l’initiative de plusieurs organisations syndicales, associatives et politiques Le MERCREDI 9 NOVEMBRE entre 18H et 20H Sur le parvis de la Préfecture de Bobigny.
SUD Santé-Sociaux - Fédération Nationale

