Retraites : tous ensemble contre les projets gouvernementaux
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Les trois coups sont maintenant officiellement lancés pour les attaques contre les retraites. Les déclarations de Raffarin devant le Conseil économique et social le 3 février, complétées par les multiples interventions de Fillon dans la presse, se font l’écho des exigences du Medef. Il est temps de préparer une grève unitaire interprofesionnelle pour défendre nos droits à la retraite.

Les exigences du Medef
Les revendications du Medef sont connues : il s’agit de faire cotiser les salariés plus, et plus longtemps, pour leur verser, moins et moins longtemps, des retraites plus aléatoires. Après avoir obtenu du gouvernement Balladur en 1993 un premier recul important des droits des salariés du privé, le Medef exige maintenant que le nombre d’annuités passe de 40 à 43 pour tous, pour le privé comme pour le public. Pour cela, le patronat a besoin de « faire sauter le verrou » des régimes spéciaux et des fonctionnaires, qui sont toujours à 37,5 annuités maximum, comme l’étaient aussi les salariés du privé avant 1993. Une fois les fonctionnaires passés aux 40 annuités, il sera alors possible de passer tout le monde à 43, voire 45 annuités !
Compte tenu de l’âge moyen d’entrée dans la vie active (22/24 ans) et des nombreuses interruptions au cours de cette vie active (chômage), il deviendra de plus en plus difficile pour les salariés d’obtenir ce nombre d’annuités. Les femmes, qui ont souvent des carrières incomplétes (temps partiel, congés parentaux...) seront les premières concernées. Pour le Medef, une bonne retraite c’est une retraite qui n’est jamais versée, ou pas complétement !
Quand on rétorque au patronat qu’il est irréaliste de vouloir faire travailler les gens jusqu’à 68 ou 70 ans alors qu’il y a déjà 3 millions de chômeurs, autant de temps partiel, et que la majorité des salariés de plus de 57 ans sont déjà hors du travail, il revendique des aides et des exonérations fiscales et sociales pour embaucher les personnes âgées. A côté des « emplois-jeunes », le Medef veut maintenant des « emplois vieux » !
Le Gouvernement joue la montre
Le Gouvernement entend donner satisfaction aux revendications patronales ; mais il veut le faire en évitant les conflits sociaux prévisibles sur ce dossier : il veut éviter un nouveau « Décembre 95 » ! Il avance en prônant la concertation, tout en multipliant les déclarations sur l’inéluctabilité des réformes. Le recours aux « experts » et aux « rapports » ayant été jugé suffisant, Raffarin passe maintenant à une phase importante « d’information » : les pleines pages mensongères (« nous allons sauver la répartition ») signées des partis de la majorité ou du ministère de l’emploi se suivent dans la presse écrite. Les tournées, dans les Conseils économiques et sociaux régionaux programmées par des ministres ont aussi cet objectif : remplir les pages des quotidiens régionaux et essayer de convaincre quelques interlocuteurs rencontrés à ces occasions. Et la « concertation » pratiquée au niveau national n’a pas pour but de prendre en compte les revendications exprimées par les organisations syndicales et les salariés ; l’exemple d’Edf-Gdf est édifiant : le gouvernement prétend toujours que « sa » réforme se fera, quel que soit l’avis des salariés. La stratégie de Raffarin diffère de celle de Juppé en 1995 qui a voulu attaquer de front l’ensemble du secteur public. Le gouvernement actuel veut diluer les confrontations dans l’espace et dans le temps. Dans un premier temps, les fonctionnaires passeraient à 40 annuités ; puis seraient modifiés les régimes spéciaux, entreprise par entreprise (Sncf, Ratp, Banque de France, etc.) pour éviter un « tous ensemble » des secteurs directement concernés ; dans un troisième temps c’est le régime général qui serait de nouveau attaqué… La très forte campagne médiatique engagée par le Gouvernement vise à faire passer l’idée que les réformes proposées par le gouvernement sont inévitables pour « sauver » le droit à la retraite, moyennant quelques sacrifices de ceux qui sont montrés comme les privilégiés !
P.-S.
Imposer tous ensemble nos revendications
Les intentions du gouvernement sont maintenant connues : il est temps d’engager la riposte pour ne pas laisser faire ces reculs. La concertation annoncée par le Gouvernement est un leurre qui vise à lui faire gagner du temps.
Il nous faut porter ensemble des revendications unifiantes, économiquement possibles et socialement justes.
Abrogation de la réforme Balladur de 1993, avec le retour à 37,5 années de cotisation pour les salariés du privé, l’indexation des retraites sur les salaires, et le calcul des retraites sur les dix meilleures années.
Maintien des 37,5 annuités pour les fonctionnaires et assimilés et défense des régimes spéciaux.
Droit à la retraite à 60 ans maximum à taux plein et départ anticipé pour les travaux pénibles.
Pas de retraite inférieure au SMIC ; le montant de la retraite doit être égal en moyenne à 75% du salaire (plus pour les bas salaires, moins pour les salaires les plus élevés), calculé sur les dix meilleures années pour le privé et sur les six derniers mois pour les fonctionnaires et assimilés.
Le système de retraite par répartition a fait ses preuves, il est le garant de la solidarité entre les générations. Il doit être renforcé par une politique créatrice d’emplois, par une autre répartition des richesses et une augmentation des salaires, par une augmentation des cotisations patronales, par un rejet des fonds de pension et de l’épargne salariale.
Il est inadmissible de vouloir augmenter le nombre d’annuités alors qu’il y a autant de chômage. Les licenciements et plans sociaux se multiplient dans le privé, les suppressions d’emploi dans le secteur public et les fonctions publiques sont annoncées massivement : dans ces conditions, faire travailler plus longtemps les salariés contribue à augmenter le taux de chômage !
Une riposte unitaire s’impose contre les projets gouvernementaux !
L’union syndicale-G10 Solidaires se prononce pour un appel à une grève interprofesionnelle unitaire début Avril.
SUD Santé-Sociaux - Fédération Nationale

