- FSU - G10 Solidaires - CGT-Finances
Pour une dynamique de mobilisation sociale large
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Notre société a un impérieux besoin d’une politique orientée autour de la lutte contre le chômage, les exclusions et les inégalités , de la formation et de l’insertion, et du développement économique et social.
Les décisions prises jusqu’à présent par le gouvernement, et notamment les plus récentes, manifestent des orientations qui vont à l’encontre de ces exigences.
Les décisions budgétaires en préparation, notamment pour l’éducation et les finances, dont la presse s’est fait l’écho, montrent que, loin de redonner aux services publics les moyens de se rénover et de se développer afin d’être en capacité d’exercer réellement leurs missions, l’accent est mis prioritairement sur la diminution des dépenses publiques et la réduction du nombre de fonctionnaires : le risque est grand de voir le champ d’intervention de certains services publics réduit, une partie de leurs missions abandonnées, les services rendus se dégrader et la précarité s’y accroître.
L’indispensable politique en direction de la jeunesse ne se traduit par aucune ambition pour le système éducatif mais par des choix répressifs qui privilégient le pénal au détriment de l’éducation.
Les services publics en réseau dont le rôle est essentiel dans la lutte contre les inégalités sociales et la marginalisation de certains territoires et populations font l’objet de menaces de privatisation visant à transformer leurs prestations en simples objets commerciaux.
Si l’annonce d’une unification des SMIC apparaît comme une réponse aux revendications fortement exprimées, le flou entretenu sur son indexation future est porteur de menaces pour les revenus des salariés. Par ailleurs la baisse des charges et des impôts, le refus d’une politique salariale et d’une revalorisation des bas salaires et des minima sociaux, symboliques du recours aux dogmes libéraux classiques, non seulement ne font que creuser les inégalités et laisser subsister des situations intolérables mais ne sont pas de nature à contribuer au développement économique et à l’emploi. Les projets avancés au nom d’un prétendu "assouplissement " des 35 heures risquent de rendre quasiment caduque la réduction du temps de travail.
Ces choix se sont faits de manière unilatérale, sans véritable dialogue social.
Par ailleurs se multiplient les recours à la répression pénale en direction des militants syndicaux et associatifs.
Dans cette situation la FSU, la Fédération des Finances CGT et l’Union Syndicale G10 Solidaires entendent jouer leur rôle pour faire prévaloir des solutions répondant aux exigences sociales et qui prennent en compte les aspirations de solidarité, de refus de l’exclusion, de justice et de démocratie qui se sont fortement exprimées notamment au sein de la jeunesse.
Elles y contribueront en défendant des propositions fondées sur plusieurs exigences complémentaires :
des services publics capables de jouer tout leur rôle ;
un emploi public permettant de mieux répondre aux besoins et de résorber la précarité ;
une réforme fiscale faisant contribuer de façon plus équitable l’ensemble des richesses et des revenus ;
une politique ambitieuse en faveur de l’ensemble de la jeunesse et de l’éducation ;
la défense et l’amélioration des retraites solidaires faisant converger public et privé autour d’un taux de remplacement de 75%, 37,5 annuités pour tous, un droit au départ à 60 ans, la prise en compte de droits nouveaux pour tous ;
l’amélioration des droits des salariés ;
une augmentation substantielle et immédiate des minima sociaux et du SMIC, articulée avec son unification, et une politique salariale dynamique dans le secteur public comme dans le privé ;
le développement de l’emploi stable et la lutte contre la précarité.
Dans cette perspective le mouvement syndical, et plus largement le mouvement social, est placé devant des responsabilités auxquelles il doit faire face sous peine de voir sa légitimité remise en cause. L’unité syndicale la plus large doit être recherchée afin de créer un front commun capable de faire des propositions alternatives et d’impulser les mobilisations nécessaires. Nos trois organisations témoignent que des rapprochements syndicaux sont possibles dans le respect des identités de chacun. Elles sont décidées à agir pour favoriser une dynamique de mobilisation sociale la plus large.
Paris, le 16 septembre 2002
SUD Santé-Sociaux - Fédération Nationale

