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La liberté d’informer prise en otage !

| Catégorie : Appels - Pétitions - Tracts | consulté 1979 fois | 0 commentaire(s)

Florence Aubenas est un regard. Un regard particulier, appliqué, respectueux, digne. « On a deux yeux de trop », avait-elle écrit en revenant de l’enfer rwandais, les gardant grands ouverts pour tout nous raconter. Florence Aubenas est une vigilance. Une vigilance soutenue, harassante, aiguë jusqu’au douloureux.


Florence Aubenas est un appétit.

De savoir, d’apprendre, de rencontrer, de lire, de comprendre. Elle est assise sur un trottoir de Neuilly lors de la prise d’otage d’une école maternelle, elle marche dans une rue d’Alger, elle pousse la porte d’un immeuble d’Outreau, elle parcourt le Pays basque, elle interroge un gamin au bas de sa cité, elle écoute les femmes, les hommes, les enfants, les peaux, les gestes, les yeux, les griffures dans les murs, les couleurs, les masques de la vie, les tristesses, les bonheurs, les éclats de tout et de rien.

Florence Aubenas est une militante.

Militante de l’information mais aussi militante pour une profession, pour une certaine conception de la presse. Le syndicat Sud Libération, dont Florence est adhérente, a exprimé clairement son opposition à l’entrée de Bolloré ou du groupe Rothschild dans le capital du journal

« Rothschild à Libération ? Non merci ! » A l’issue d’un vote interne, Sud Libé a décidé d’appeler les salarié(e)s du journal à voter contre l’entrée de Rothschild au capital de Libération … L’argent est sur la table. Il faudrait ne pas s’interroger. Comme au bonneteau. Rapidement. Sans discussion. Prendre l’argent ? Le prendre, en tous cas, c’est accepter de perdre un certain nombre de choses : l’indépendance - en image à l’extérieur, et dans les faits dans l’entreprise -, une possibilité d’infléchir les choix qui nous a, pour beaucoup - fait venir à Libération, et la poursuite d’une aventure rédactionnelle collective. Accepter aussi, au passage, qu’aucune clause de cession ou de conscience ne soit ouverte pour ceux qui le souhaiteraient…communiqué Sud Libération du lundi 4 janvier 2005 »

Quand à Hussein Hanoun al-Saadi, depuis la chute du régime baasiste, il fait profession de fixer, terme anglo-saxon intraduisible. Tout à la fois guide, interprète, chauffeur, éclaireur, compagnon. Dans le petit monde des Irakiens qui assistent la presse étrangère, il occupe une place centrale du fait de son expérience, de son entregent et de son large carnet d’adresses. Son appartenance à une puissante tribu, les Al-Saadi, qui compte à la fois des sunnites et des chiites, lui permet aussi d’ouvrir de nombreuses portes. Autant d’atouts dont les dix envoyés spéciaux de Libération qui se sont succédé en Irak ont pu bénéficier.

Pour que la presse en Irak comme chez nous ne soit pas prise en otage par les capitalistes ou les gouvernements exigeons la libération de Florence et de Hussein !

Pour toutes infos : www.pourflorenceethussein.org


P.-S.

Sud Libération s’est constitué en 1997. Il a obtenu 60,6 et 66,2 % des voix (résultats titulaires et suppléants) dans le collège journalistes et cadres aux dernières élections du Comité d’entreprise.


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