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EADS, un cas exemplaire !

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Le désastre social actuel d’EADS met en évidence trois problèmes récurrents qui sont pourtant actuellement passés sous silence.


Le premier est celui de la surévaluation de l’euro. La politique de change, ou plutôt l’absence de politique de change, décidée, de fait, par la Banque centrale européenne (BCE) entraîne une surévaluation de l’euro par rapport au dollar et aux monnaies qui lui sont liées. Elle aboutit à une importante augmentation des prix pour EADS par rapport à son concurrent Boeing et pousse donc EADS à délocaliser ses activités hors de la zone euro. La doctrine du « laisser faire, laisser aller » en matière de politique de change appliquée par la BCE montre une fois de plus ses conséquences néfastes.

Le second problème soulevé par les problèmes d’EADS renvoie à l’absence de politique industrielle européenne. Alors que Boeing bénéficie d’un soutient constant de la part du gouvernement des Etat-Unis, tant par le biais de commandes publiques au niveau de la recherche-développement, l’application de la doctrine de « la concurrence libre et non faussée » par l’Union européenne empêche toute politique publique. La politique industrielle est réduite par la Commission européenne à la politique de la concurrence.

Le troisième problème renvoie à la logique même du mode de fonctionnement actuel du capitalisme. Les erreurs managériales de la direction d’EADS ont entraîné des retards pour la livraison de l’A380 qui vont se traduire par des pénalités financières importantes pour l’entreprise. Cette situation a entraîné une baisse du cours de l’action d’EADS de 20 % par rapport à son niveau de janvier, alors même que le carnet de commande d’EADS est plein pour cinq ans et que l’entreprise continue à faire des profits importants. Le plan de restructuration actuel n’a pas d’autre objectif que de rassurer les actionnaires et de tenter de faire remonter le cours de l’action. Ce sont une fois de plus les salariés qui payent les erreurs de gestion de managers surpayés pour le plus grand profit des actionnaires.


P.-S.

L’Union syndicale Solidaires condamne le plan de restructuration lancé par la direction actuelle d’EADS. Elle appelle les salariés à se mobiliser pour y faire échec. L’Etat, qui est encore un actionnaire de référence d’EADS avec 15 % du capital, doit intervenir afin de permettre à EADS de vivre. Au-delà, se pose la question de la place du transport aérien dans l’économie mondiale tant du point de vue du développement du trafic de voyageurs que d’un point de vue écologique.


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