Combattre la pauvreté et non les pauvres !
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L’Assemblée nationale va examiner en urgence dans les prochains jours, la loi de Sécurité intérieure (LSI) présentée par Sarkozy et le gouvernement Raffarin. Cette loi est dans la continuité de la loi de sécurité quotidienne (LSQ) adoptée sous le précédent gouvernement et des différentes mesures prises par l’actuel ministre de la justice Dominique Perben, qui prépare par ailleurs une réforme qui réduira toujours plus nos libertés.

Avec ces textes, le gouvernement s’inscrit dans une logique générale visant à étendre toujours plus les pratiques sécuritaires et les appareils répressifs dans notre pays. Cette politique ne permet ni d’aborder les véritables problèmes ni d’apporter des solutions viables.
Loin de s’attaquer aux causes réelles de l’insécurité que sont la misère, la précarité sociale, l’exclusion, le mal vivre…(source de toutes les exaspérations) qui gangrènent chaque jour davantage notre société, les mesures proposées ne font que restreindre les libertés et mettre en péril la cohésion sociale.
Ces mesures nous sont présentées comme permettant de mieux assurer notre sécurité. Le gouvernement nous ment. Punir les pauvres, désigner des boucs émissaires (mendiants, prostituées, gens du voyage, jeunes…), n’a jamais été une solution et n’amène qu’à ajouter une autre injustice à celle que constitue le fait de ne pas avoir de travail, de logement ou de vivre dans des quartiers abandonnés et sans services publics. Ce projet démontre que le gouvernement a renoncé à lutter contre la pauvreté.
Et parce qu’il faut aussi que nous marchions au pas, le gouvernement propose que la police ou la gendarmerie puissent, sans avoir à donner de raisons, nous arrêter sur le bord de la route pendant une demi-heure. Accepterons-nous, en emmenant nos enfants à l’école ou en allant faire nos courses, d’être parqués de cette manière ? Accepterons-nous, parce que soupçonnés dans une affaire, sans jamais avoir été coupables, ou même simplement témoin d’une affaire, d’être fichés à vie, y compris génétiquement ? Accepterons-nous que ces fichiers soient consultés lorsque nous demanderons à travailler dans de nombreux emplois et qu’on pourra refuser de nous recruter parce que nous aurons été, 20 ans auparavant, témoins ou soupçonnés mais jamais condamnés ? Plus que jamais, il convient de rappeler que ce sont les différentes politiques d’accompagnement de la mondialisation libérale menées depuis plusieurs décennies dans notre pays qui sont les principales sources de l’insécurité sociale et économique qui touche chaque jour une part plus grande de la population.
Ce qu’il faut imposer aujourd’hui, c’est un coup d’arrêt à cette idéologie dominante et la mise en œuvre de mesures qui soient véritablement au service de l’individu et qui visent à endiguer la pauvreté et la précarité dans notre société.
Parce que la loi Sarkozy est liberticide, parce qu’il faut combattre la pauvreté et pas les pauvres :
SUD Santé-Sociaux - Fédération Nationale

