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Barcelone : encore une conférence pour rien ?

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La 14ème conférence sur le Sida vient de s’ouvrir à Barcelone. Les chiffres sont effrayants, l’horreur les habite : un mort toutes les 11 secondes, 68 millions de décès supplémentaires d’ici 2020, très majoritairement dans les pays du sud !!! Les causes de cette situation sont nombreuses. Avant de revenir sur les médicaments, on peut évoquer la pauvreté, des systèmes de santé inefficaces ou inexistants, tout cela dans le cadre des inégalités Nord - Sud.

Cela implique de lutter :

contre la dette, contre les plans d’ajustement structurels du FMI et de la Banque Mondiale qui conduisent à la destruction des services publics, notamment des systèmes de Santé ; pour que des régimes plus axés sur les dépenses militaires que sur les dépenses de Santé, ne trouvent plus de soutien au Nord ; contre les "discours révisionnistes" qui font dire à certains qu’il n’y a pas de lien entre VIH et Sida.

Mais cela ne doit pas voiler le rôle de l’industrie pharmaceutique -Big Pharma - dont les médicaments sont bien trop chers pour que tous puissent y accéder, mais dont les profits s’envolent un peu plus chaque année. C’est pour financer ma recherche dit-elle, alors pourquoi dépense-t-elle deux fois plus en marketing et publicité qu’en recherche ?

A la récente Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce à Doha, il a été reconnu que les pays en état de catastrophe sanitaire devaient pouvoir déroger aux règles de la propriété intellectuelle (brevets pharmaceutiques). Mais il ne s’agit pour le moment que d’une concession verbale et de plus, ceci ne concerne que les pays ayant des capacités de production. Rien n’est changé pour les autres, alors que ce sont les plus nombreux et les plus touchés par la maladie.

Alors quoi faire ?

Partons de l’exemple brésilien qui a osé affronter Big Pharma, pour mettre en place une politique de santé originale. Son combat contre le Sida a permis une baisse de la mortalité de 60% en 5 ans !!! Ce qui permet cette expérience au Brésil, c’est la présence d’un secteur public de recherche et de production pharmaceutique, secteur né d’une volonté politique.

C’est plus que jamais de cela, que les malades du Sida ont besoin, d’une volonté politique :

- pour que le Fonds Mondial réunisse enfin les 10 milliards de dollars nécessaires, Fonds qui devrait mettre à contribution Big Pharma ;
- pour que l’accès aux traitements soit un droit sur toute la planète, en considérant le médicament comme un bien public ;
- pour que les USA, l’Europe, le Japon, la Suisse..., essentiellement les pays du Nord, arrêtent de soutenir Big Pharma, et fabriquent les traitements pour les distribuer à tous les malades comme le pratique par exemple l’État brésilien ;
- pour que la Santé, ainsi que tous les secteurs vitaux d’intérêt collectif, soient enlevés du champ de l’OMC, cette dernière n’ayant aucune compétence pour traiter de ces questions.

Fait à Paris, le 11 juillet 2002



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