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8 mars 2004, journée internationale des femmes, MANIFESTONS !

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Parce que les attaques tous azimuts que nous subissons contre nos droits pèsent de plus en plus lourdement sur nos vies dans tous ces aspects (travail, famille, vie privée...), parce que, dans ce contexte, les femmes paient le plus lourd tribu à ces régressions, nous vous appelons toutes et tous à manifester dans la rue le 6 mars prochain.


Il y a urgence à manifester, face à la politique de régression sociale du gouvernement qui fait des coupes claires dans l’indemnisation du chômage, fragilise de nouvelles catégories de populations comme les intermittent-es du spectacle, et crée le RMA, un emploi forcé contre un salaire de misère.

Il y a urgence à manifester contre le temps partiel imposé qui fournit les gros bataillons des salarié-es pauvres.

Il y a urgence à manifester face au projet de démantèlement de la Sécurité sociale et à la volonté de casse du Code du travail, ce qui poursuit la politique de précarisation généralisée.

Il y a urgence à manifester pour conquérir des droits nouveaux tel que l’individualisation des droits sociaux.

Il y a urgence à manifester, car il est prouvé que les femmes sont toujours aux premières loges pour prendre les mauvais coups.

Il y a urgence à manifester, face à la confusion actuelle où, pour lutter contre les humiliations et les discriminations bien réelles que subissent les jeunes issus de l’immigration, et plus particulièrement les filles, certain-es veulent faire du voile un symbole de révolte. Pour nous, le voile ne peut être un outil d”émancipation . Il a été utilisé dans toutes les religions monothéistes pour stigmatiser le corps des femmes et assimiler le désir sexuel et la sexualité à quelque chose de honteux.

Il y a urgence à manifester, car nous avons toujours combattu pour le droit de vivre librement notre sexualité, pour le droit de choisir d’être lesbienne ou hétéro, pour le droit de choisir nos maternités. Hier, l’avortement était attaqué par le biais de l’amendement Garraud. Actuellement, les intégristes chrétiens se sentent ragaillardis et viennent manifester et chanter des cantiques devant les locaux du Planning Familial.

Il y a urgence à manifester contre l’ingérence des religions dans les décisions de la vie publique et pour défendre la laïcité.

Il y a urgence à manifester, car l’Enquête nationale sur « les violences envers les Femmes en France » a malheureusement confirmé ce que les associations féministes disent depuis près de deux décennies : les violences continuent de toucher nombre de filles et de femmes, de la plus jeune à la plus âgée, dans toutes les couches sociales, dans tous les lieux, et notamment au domicile, dans les quartiers les plus huppés comme dans les cités de banlieues.

Il y a urgence à manifester car certain-es vont même jusqu’à nier la réalité de ces violences et valorisent la publicité sexiste et la pornographie en tant que cours d’éducation sexuelle pour les jeunes.

Il y a urgence à manifester, quand l’égalité des droits entre Français-es et immigré-es n’est pas réalisée, quand les femmes immigrées ne bénéficient toujours pas d’un statut d’autonomie et que certaines d’entre elles doivent subir l’application des codes de statut personnel de leur pays d’origine, situation permise par les accords bilatéraux. Il y a urgence à manifester car, avec la montée de l’extrême-droite, progresse une idéologie raciste et d’exclusion.

Il y a urgence à manifester, quand la loi du marché devient la loi suprême, qu’au nom de la libre concurrence et de la construction de l’Europe libérale, l’État cherche à casser tous les services publics et à ravaler des services telles que l’éducation et la santé au rang de marchandises. Dans ce modèle de société-là, il est légitime que tout s’achète et que tout se vende, en particulier le corps des femmes et des enfants.

Il y a enfin urgence à manifester, quand les guerres laminent les sociétés, appauvrissant et contraignant à l’exil des pans entiers de populations et que, dans ce contexte, des femmes seront vendues, violées et prostituées.

A l’occasion du 8 mars, journée internationale des femmes, l’Union syndicale G10 Solidaires appelle à participer à toutes les initiatives

pour défendre les droits des femmes pour l’égalité des droits, contre les régressions sociales.

Pour Paris et la région parisienne, manifestation unitaire le 6 mars à 14 heures place de la République, à l’initiative du Collectif National pour les Droits des Femmes


Avortement en Pologne

« Sous la pression de l’église catholique, nous avons perdu il y a dix ans le droit à l’IVG, légal depuis 40 ans en Pologne. Cela montre à quel point il est facile deperdre des droits, et difficile de les regagner. Alors que 60 % de la population est favorable à la légalisation de l’avortement, les politiciens ignorent cette demande. Nous avons besoin de la mobilisation de toutes les européennes pour sécuriser le droit à l’IVG partout en Europe, à l’Ouest comme à l’Est » .

Violences conjugales en Lettonie...

Pour exiger une loi pour protéger les lettones victimes de violences conjugales ainsi que l’ouverture d’un centre d’hébergement à Riga (un million d’habitants), les femmes ont organisé un rassemblement avec des casques de hockey sur la tête symbolisant la nécessité de se protéger.

...et en Espagne

La violence conjugale y fait plus de victimes quel’ ETA. Plus de 70 espagnoles ont été tuées. Chaque année, 30 000 femmes portent plainte pour maltraitance. A Madrid, 160 femmes ont manifesté vêtues d’une robe de mariée pour alerter contre l’ampleurde ces violences. Une nouvelle loi a été adoptée qui améliore la protection des victimes : elles seront prises encharge ; l’agresseur sra éloigné ou placé en détention ; une allocation mensuelle de 300 euros pendant dix ans sera octroyée aux femmes financièrement dépendantes de leurs conjoints.

Portugal

La législation portugaise interdit toujours l’avortement sauf en cas de viol, de malformation ou de danger pour la mère. 120000 signatures viennent d’être récoltées pour demander un référendum sur la question, alors que 63% des habitants se disent maintenant favorables à un assouplissement. Un récent procès contre 7 femmes ayant décidé d’avorter s’est terminé par une relaxe générale.

Les femmes en mouvement

A l’ouverture du Forum Social Européen des 13 au 15 novembre dernier à Paris,s’est tenue une Assemblée Européenne pour les Droits des Femmes. Une initiative dont le succès a largement dépassé les espoirs des organisatrices.

Les femmes et le mouvement altermondialiste

Depuis le début du mouvement pour une autre mondialisation (altermondialiste), les mouvements de femmes de tous les pays, comme celui de la Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté dont Solidaires fait partie, participent aux Forums sociaux, mondiaux et européens afin de se rencontrer, de partager leurs expériences et de faire connaître aux autres mouvements la situation des femmes dans le monde entier. Du Brésil à l’Inde pour le mouvement mondial, de Florence à Paris pour le mouvement européen, les femmes font entendre leurs voix et leurs revendications. Mais non sans difficultés, tant il est vrai que le mouvement altermondialiste a lui aussi du mal à prendre en compte les préoccupations du mouvement féministe.

Un beau succès

Pour mieux se faire entendre, mais aussi par besoin de se réunir et de mieux comprendre la situation des droits des femmes en Europe, une Assemblée Européenne pour les Droits des Femmes s’est tenue à l’ouverture du Forum social Européen de Paris. Elle a été incontestablement un événement, le premier grand rassemblement européen sur la question : 3500 personnes de 360 associations de 55 pays et 5 continents, un afflux de monde qui a prouvé que le sujet de l’émancipation des femmes reste un problème qui fait débat. Un succès qui démontre aussi une énorme attente et le besoin de réunir nos forces, tous pays confondus, afin que la construction de l’Europe ne signifie pas un alignement par le bas sur les lois des pays les moins avancés et la perte de nos acquis. Les exemples ne manquent pas de pays entrant dans la communauté européenne qui n’ont aucune loi sur l’avortement, le viol, les violences conjugales ou l’égalité professionnelle.

Prêtes pour des luttes solidaires

Cinq grands ateliers se sont réunis par thème : travail/préca rité/pauvreté,femmes et violences, femmesmigrantes, droit de choisir, femmes et guerre, femmes et pouvoir ; ils vont continuer à travailler en réseaux et organiser des campagnes communes : des manifestations en Pologne et en Irlande pour le droit à l’avortement ; une mobilisation contre la prostitution institutionnalisée pendant les jeux olympique en Grèce ; un 24 novembre 2004 européen contre les violences faites aux femmes. Une conscience féministe européenne est née et va continuer sur sa lancée.

Jeux olympiques d’Athènes

Athènes se prépare à recevoir les JO de bien curieuse façon : en facilitant la prostitution à l’occasion de l’événement. Le conseil municipal a proposé en mai 2003 d’aménager la loi en ce sens, suggérant que le nombre de personnes prostituées enregistrées pourrait être augmenté à 20 000 (soit dix fois le nombre actuel). Les féministes grecques sont immédiatement montées au créneau, demandant la suppression de la proposition de loi et l’instauration d’un dialoguecivil sur la prostitution. Le projet ayant été retiré, la menace est actuellement écartée… jusqu’aux élections parlementaires.



P.-S.

11 et 12 mars 2004 - Formation intersyndicale femmes Formation - Débat Femmes Les retraites... La Sécurité sociale... Les femmes dans l’Europe

Pour la 7ème année consécutive, l’Intersyndicale Femmes (la FSU, l’Union syndicale Solidaires et la CGT) vous propose d’assister à ses deux journées de formation. Cette année 2004, nous parlerons des retraites, après les derniers décrets d’applications particulièrement nocifs pour les femmes ; de la Protection sociale, sujet incontournable sur lequel nous devons très vite nous former pour résister à l’offensive du gouvernement et faire en sorte que les femmes ne soient pas oubliées dans ce débat ; de l’Europe et de ses institutions, qui décident de plus en plus de nos vies et de nos lois, et de quelles conséquences cela a et aura sur la vie des européennes. Nous nous pencherons également sur les liens entre mouvement féministe, mouvement syndical et mouvement social. Ces « Journées intersyndicales » sont l’occasion de combiner la formation, les témoignages, et la confrontation des différents points de vue afin, ensemble, de faire avancer les droits des femmes. Elles sont ouvertes à toutes et à tous, dans la limite des places disponibles ! Alors, contactez au plus vite un-e militant-e d’un syndicat de Solidaires !


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